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Par Gudrun Mattes.

Ce 7 juin, l’Agence régionale de santé publiera le résultat de son enquête sur l’accident du bébé mort de Châtillon. Personne n’a l’illusion que l’organisme qui a grandement contribué à fermer ce service, s’accusera elle-même d’en être responsable ; Il est évident qu’on va trouver un bouc émissaire qui fera l’affaire. Or, après la fermeture de la maternité, tout le monde savait que plus ou moins tard un tel accident arriverait. La même chose vaut pour la chirurgie, fermée par la suite. Maintenant c’est l’urgence qui est au bout de souffle – le service manque dramatiquement de personnel. De nouveaux « sacrifices humains » sont prévisibles. Qui peut prétendre sérieusement que les accidents de travail, les accidents de la route, les AVC seront traités comme il faut et dans les délais nécessaires pour la survie ? Les promesses d’être transporté à l’heure par hélicoptère se sont révélées comme un leurre. Ce qui est arrivé une fois – que l’hélicoptère n’était pas disponible à temps – se répétera inévitablement.
La fermeture de 11 lits à l’hôpital de Die enfonce encore le clou. Cette fois, les raisons sont données sans embellir quoi que ce soit – il faut économiser !

La situation pour les femmes enceintes est toujours dramatique. Même si des gynécologues sont plus présents sur le territoire en ce moment, ce n’est que passager. Surtout, il rien n’est anticipé pour des accouchements imprévus. Seules les femmes dont la grossesse évolue selon la « norme » sont encadrées. Mais puisque chaque grossesse et chaque accouchement est différent, de nouveaux accouchements sur la route, de nouveaux bébés ou mères mortes en couches, sont à attendre – ce n’est qu’une question de temps.
De plus en plus de femmes du Diois se dirigent vers la maternité de Montélimar, qui a une très bonne réputation, en délaissant celle de Valence qui a la réputation d’être une usine à pondre. Cela veut dire des chemins encore plus longs, non seulement pour les accouchements, mais aussi pour les rdv de prise en charge de la grossesse. Et cela veut dire aussi que les femmes enceintes de 6ème mois ou plus tard se mettent devant leur volant pour conduire plusieurs heures, car toutes ne sont pas entourées – les mères et futures mères seules dans le Diois sont une autre réalité sociale.

La question de l’hôpital de Die est une question de vie ou de mort, non seulement pour de nombreux citoyen.ne.s, mais aussi pour l’aménagement du territoire. Le désert médical, comme le recul d’autres services publics, nous renvoient tout droit dans une situation qui ressemble à celle du 19ème siècle.
On peut tourner la question comme on veut, mais si on veut défendre le droit des femmes d’accoucher dans le Diois, seule l’ouverture d’une nouvelle structure de naissance avec le personnel qu’il faut, accoudée à une chirurgie qui fonctionne, résout le problème. Cette nouvelle structure doit associer les habitant.es du Diois, devrait collaborer avec les sages-femmes et doulas. A ceux qui considèrent une telle issue comme utopique, il convient de répondre : soit le droit des femmes d’accoucher à Die existe ; dans ce cas il faut se donner les moyens pour, soit ce droit n’existe pas et on admet la possibilité d’autres victimes futures. Tous les responsables de la santé et tous les élus doivent se prononcer clairement sur cette question, sans blabla aucun.

Effectivement, pendant 20 ans, les mobilisations des citoyen.es et élu.e.s ont pu éviter la fermeture de la maternité (malheureusement, personne n’a pu éviter la dégradation des conditions de soin au sein de l’hôpital) – jusqu’au 14 décembre 2017, où les maires de la Communauté des communes ont voté avec une écrasante majorité contre le maintien de la maternité. Maintenant, les mêmes personnes pleurent des larmes de crocodile en constatant que les femmes du Diois ne peuvent plus accoucher en toute sécurité.
Etant donné l’impact des élections municipales dans les questions de services publics, je propose d’appeler toutes les habitantes et habitants du Diois à ne pas voter pour ces maires qui ont voté contre le maintien de la maternité et d’appeler tous les candidats et toutes les listes de se prononcer clairement sur leur engagement futur concernant une nouvelle maternité !

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